Les Imaginales est un festival annuel spécialisé dans les littératures de l'imaginaire, situé au parc du Cours à Épinal.
J’ai pris ces photos lors des conférences “L’auteur.e et son illustratrice : le binôme de la mort-qui-tue” et
“Quelle partie de l'enfance nourrit l'artiste ?”
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Infographie
Sur le Cabinet de Curiosités Res Mirum présent aux Imaginales d'Epinal 2025.
Compte rendu
Vendredi 23 mai 2025,
J’ai assisté au festival annuel des Imaginales à Epinal. Lors de ce festival des mondes imaginaires qui regroupe tout le monde autour de la fantasy, on peut assister à des conférences, rencontrer des auteurs et même se faire dédicacer leurs livres !
J’ai pu assister à la conférence “L’auteur.e et son illustratrice : le binôme de la mort-qui-tue”, de 10h - 11h, au chapiteau Magic Deluxe. Il y avait deux binômes, l'écrivain.e et son illustrateur.ice : Isabelle Bauthian avec Maurane Mazars, et Jean-Philippe Jaworski avec Inès Cœur Mezzoud.
Maurane et Isabelle sont toutes les deux pétillantes et créatives, ce qui les anime ? Se donner des défis et sortir des cases ce qui leur permet de rester mouvantes. Elles se sont rencontrées pendant le confinement 2020 elles communiquaient à distance pendant un moment.
Elles ont très vite su trouver leur équilibre, grâce au côté humain, sympathique et le fait d’être avec quelqu’un avec qui les échanges se passaient bien. C'est plutôt le côté artistique qui pêchait, trouver sa position dans le travail de groupe n’était pas toujours évident pour Maurane au niveau de la genèse du projet, avec une impression de ne pas exécuter ni mettre en scène son projet .
La volonté de Isabelle est de vulgariser, “péter les cases” faire rentrer l’imaginaire dans le côté réaliste, biographier des codes de fiction. Elles ont dû apprendre ensemble à se partager les idées, l’inspiration était réciproque et compromise, Isabelle laissait libre cours à l’imagination de Maurane sauf si elle estimait avoir une très bonne idée et donc lui suggérait l’illustration. Le binôme est comparable à un dramaturge et son metteur en scène.
En parallèle nous avons Inès et Jean Philippe qui se sont rencontrés lors d’un projet d’étude en automne 2024, puis ils ont par la suite collaboré pour illustrer le livre “Gagner la guerre”, dont Jean-Philippe se considère co-créateur. Son but étant de représenter une version de l'œuvre unique et personnelle, il faut savoir donc se mettre dans la tête de quelqu’un d’autre quand on conçoit des personnages. Pour cela Inès s’inspire de peintures qui lui plaisent, d’animaux félins dans lesquels elle met des traits humains et des bâtiments, qu’elle retranscrit précisément grâce à son imagination visuelle.
Jean-Philippe s’est inspiré de machiavel et de criminel de guerre, il évoque notamment l’exemple du chat maigre dans l’armée, il n’est pas impressionnant, pas de carrure imposante mais c’est le plus endurant et teigneux, il encaisse beaucoup et est très agressif. Inès dit aussi ne pas rester dans sa zone de confort trop longtemps pour élargir ses horizons et tester de nouvelles choses et univers pour ensuite retourner dans sa zone de confort et voir ce qui peut évoluer.
Morale de l’histoire : Les deux binômes ont un point commun, selon eux, même si on réussit souvent mieux seul plutôt qu'en groupe, ne pas pouvoir bosser ensemble peut vite devenir frustrant. Cela montre qu’il faut savoir être capable d'avoir du recul sur les relations artistiques et rester bons amis, ce qui apporte une touche positive au chemin parcouru.
La deuxième conférence s’intitulait “Quelle part de l’enfance nourrit l’Artiste ?” de 13h à 14h, au chapiteau Magic Idolize. Avec les auteurs de roman, Alexandra KOSZELYK, Eric L’HOMME et Jimmy BLIN.
Alexandra KOSZELYK s’aide du vécu de son enfance pour écrire ses livres selon elle la réalité apporte des choses qu’on ne peut pas faire en fiction. Elle a écrit un livre autour de ses origines dans lequel elle parle de son village, ses parents qu’elle a perdu jeune. Actuellement elle est professeur ce qui lui permet de voir un parallèle entre la réalité, ses souvenirs et ses blessures. Elle ne s’inspire pas pour autant des traits de caractères de ses élèves dans l’écriture, ce serait comme une impression de vampire, seulement elle remarque que les élèves sont très spontané.e.s, elle voit une véritable évolution entre la 6e et la 3e ainsi que leur caractère d’adulte transparaître.
Eric L’HOMME était un enfant très rêveur et gros lecteur dès lors qu’il a su lire, il voyait la lecture comme un refuge et une aide à vivre. Il garde une grande distance avec son enfance et sa vie dans ses livres. Même s'il se rappelle très bien de l'enfant et l’adolescent qu’il a été, il imagine des personnages complètement différents, souvent avec des problèmes, il s’inspire seulement de ses centres d'intérêts et sa manière d’avoir été plus jeune pour ne pas tomber dans le cliché. Lui aussi est professeur et dit que la jeunesse est l’école de l’humilité pour un écrivain. En effet si l'on est capable de lire une histoire profonde et bien écrite et que ça marche bien sans que l’on s’en rende compte, on a réussi à atteindre la hauteur du personnage, se mettre à la hauteur de l’âge des héros, à lui raconter tout ce qu’on avait à lui dire. Alors il a fait le choix de s’effacer derrière son histoire, son histoire ne doit pas entraver ce qu’il veut transmettre.
Jimmy BLIN lisait des BD d'enfants petit, puis plutôt que d’attendre la sortie de la suite d’un livre il s’est mis à l’écrire. Il lit beaucoup l’actualité mais quand il écrit essaye d'en éloigner ses lecteurs le plus possible. Selon lui on vit dans un monde d'adulte, sa vision est comparable au récit du petit prince, tandis que lui aime rester jeune, porter des vêtements enfantin, garder une vision du monde innocente et empêcher à tout prix que le merveilleux disparaisse. Il parle d’univers qui font voyager, de références à ce qu’on a aimé plus jeune, le besoin de cette spontanéité pour écrire. En effet, en tant que professeur, la tendance est de vouloir brider les élèves, alors qu’on devrait plutôt lutter contre le formatage et transmettre certaines choses et faire de même avec ceux qui ne rentrent pas dans le moule, car cela lui permet de rester flexible et homogène, le challenge et lui apporte des visions et choses différentes
Entant que professeurs, ils défendent la jeunesse en se rendant compte que beaucoup lisent encore, ils s’adaptent aufonctionnement de l’enfant, ce qui leur permet de toujours rester imaginatifs, garder une certaine plasticité cérébrale et une réflexion très ouverte d’esprit.
